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Samedi 24 juin au matin, les donateurs du projet de restauration de l’église ont été conviés à visiter le chantier avec Paul Guerra, dirigeant de l’entreprise familiale Guerra à Dijon, que son père Jean-Philippe, également présent à la visite, lui a transmise il y a quelques années.

Exemple des désordres découverts sous l’enduit en ciment sur le bout de mur de la sacristie, dans la ruelle.


L’enduit en ciment, étant par nature hermétique, les remontées capillaires au sein des murs, provoquées par l’humidité résiduelle du sol et les intempéries (gel et dégel surtout), ont fait moisir les pierres et ont fissuré pierres et joints.

« C’est comme si vous mettiez un Kway pour faire votre jogging, de l’extérieur c’est confortable, de l’intérieur insupportable », raconte Paul Guerra pour bien faire comprendre les dégâts cachés derrière le ciment.

Au contraire, l’enduit à la chaux hydraulique qui va être appliqué permet à la pierre de respirer. L’humidité résiduelle dans le sol va continuer de remonter le long des façades et s’évaporer progressivement.

 

Quatre couches d’enduits à la chaux hydraulique

La question s’est posée de savoir si on refaisait tous les joints afin de laisser la pierre apparente. Mais les pierres sont pas mal abîmées.
L’idée retenue: Tous les contreforts qui reprennent la charge de la voûte en pierre vont être jointoyés. Le reste des façades va être recouvert de quatre couches d’enduits à la chaux hydraulique.

La première est une couche d’apprêt qui permet de boucher les trous des pierres et des joints abîmés afin d’unifier la surface du mur.

La seconde (photo ci-dessus), est une couche d’accroche (de dégrossi) faite avec un mélange de chaux et de sable d’un grain de 0,4 millimètre. Elle consolide la coupe d’apprêt.

 

Les 3ème et 4ème couches sont deux couches de finition faites de chaux et de sable plus fin (0,2 millimètre). La matière obtenue est un peu plus liquide et constitue un badigeon coloré avec des terres naturelles. On voit un échantillon sur le pan de mur à l’entrée de la cour de la salle communale.

Le premier badigeon est fait à fresco : l’enduit est frais, la chaux et le pigment vont cristalliser ensemble, ce qui permet à la couleur de s’imprimer dans le support. Au fur et à mesure que le badigeon va sécher, la couleur ocre-tierre de sienne va s’atténuer en un ocre jaune plus clair.

Pour le deuxième badigeon (une fois le premier entièrement sec), on ajoute à secco un liant acrylique qui renforce l’adhérence. Le badigeon est appliqué avec une brosse en poils de sanglier avec la technique du papillon, qui consiste à croiser les mouvements. Technique recherchée pour faire apparaître « des rugosités qu’accrochent la lumière », précise Paul Guerra.
A chaque ouverture, l’enduit viendra à fleur des pierres d’encadrement des ouvertures.

La trace d’une ancienne restauration préservée.

On trouve un témoignage des anciens enduits, à l’entrée de la ruelle, coté mairie. Les joints avaient été faits avec de la brique pilée. Cette partie sera restaurée et conservée telle quelle afin de garder une trace de cette époque de restauration. L’entrepreneur pense qu’une grande partie des façades de l’église était sûrement jointoyée avec ce mortier-là.

Découverte d’un oeil de boeuf, côté cour de la salle communale, au-dessus des deux ouvertures en cintre.


L’oeil de boeuf se trouvait sous la voûte et comme celle-ci a été démontée, il se retrouve aujourd’hui au-dessus du plancher (plafond) de l’église. Il a été donc bouché avec des pierres, dont une large et plus blanche de meilleure qualité (sans doute parce que les ouvriers l’avaient à portée de main).
Par conséquent, il n’y a plus d’intérêt de rouvrir l’oeil de boeuf, mais il va être marqué avec un enduit en décalé de 5 centimètres en rapport à la pierre d’encadrement. La barre de tènement (cercle à gauche de la photo) de la façade côté cimentière va également être laissée apparente. Il s’agit d’un acier qui ne rouille pas.

La toiture côté pignons.

La toiture était sans doute en laves pierres plates, à l’époque la couverture la moins chère (aujourd’hui c’est l’inverse!). L’enlèvement de l’enduit en ciment a mis au jour un décalage d’épaisseur entre la corniche et le mur, à priori pour respecter les pentes de la couverture en tuiles plates lorsque celle-ci a été remontée. Essayer de la masquer ne serait pas très heureux, estime l’entrepreneur : La différence restera donc visible, mais l’enduit aura un patinage particulier pour valoriser ce détail de l’histoire de l’église.

Un contrefort contemporain.

 

Le contrefort en ciment côté cour a du être construit à l’époque où la voûte s’est effondrée. Il va être simplement nettoyé.

Sur le pignon côté cour, le chéneau en travers va être supprimé et une descente d’eau replacée verticalement au coin de la façade pour avoir une surface uniforme.

Quelques pierres vont être remplacées mais en nombre limité ; l’église n’étant pas classée, l’entreprise a plus de liberté d’intervention.

Les travaux devraient être achevés fin septembre 2017, avec interruption en août.

 

Une partie des visiteurs sous la conduite de Paul Guerra (à droite). Et en dessous, en compagnie de la correspondante du Bien Public qui publiera une série de photos sur le site Web du journal.

Sur ces photos photos ci-dessus, zoom sur des parties plus ou moins abîmées.

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