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Michel Forey a relaté fin novembre devant de nombreux Trécariens et anciens résidents du village, la deuxième partie de son travail sur l’histoire de Trochères.

Elle concerne les années de croissance que l’on appelle Les Trente Glorieuses de 1945 à 1975.

phototrocheresTrochères en 1980 (photo réalisée par Maurice Bollote.

Le contexte national

Ces trois décennies, appelées Les Trente Glorieuses par l’économiste Jean Fourastier, sont marquées par des mutations technologiques, institutionnelles, commerciales, sociétales, qui sont à l’origine de l’explosion de la croissance économique, mais aussi de la société de consommation.

La dynamique démographique ainsi que la poursuite de l’exode rural constatées lors de cette période profitent à l’essor des villes.

Ainsi, la population de l’agglomération dijonnaise passe de 116 000 à 206 000 habitants de 1946 à 1975, favorisant l’implantation de nouveaux commerces (supermarchés puis hypermarchés, dont celui de Quétigny en 1968).

L’Etat lance un vaste programme d’équipement du territoire dans le domaine de l’énergie (création d’EDF service public en 1946) et des transports (électrification des voies ferrées, réseau autoroutier dont l’A6 entre Paris et Lyon achevée en 1970).

Le développement de l’industrie se concrétise par la création de vastes zones industrielles  dans les villes (voir les ZI de Longvic, de Chenôve…), mais aussi d’implantations ponctuelles en secteur rural (voir OREGA et Air Liquide à Genlis).

La révolution automobile est à l’origine de la périurbanisation au début des années 1970. Le lotissement de Trochères, habité à partir de 1975, en est un témoignage.

La mécanisation, le remembrement, la sélection des semences et des engrais plus performants engendrent l’essor de la productivité agricole, et la forte baisse du nombre d’exploitants.

Le début de cette période est marqué par une inflation galopante à l’origine du nouveau franc en 1960.

Trochères pendant cette période

L’essor de la productivité agricole, dû à la mécanisation et au remembrement achevé en 1958, se traduit par la diminution progressive du nombre de fermes (14 en 1945, 8 début 1970) et notamment celles intégrant l’élevage des vaches laitières.
Deux structures accompagnent cette évolution : la CUMA (coopérative d’utilisation du matériel agricole) et le GAEC (groupement agricole d’exploitation en commun).

L’un des premiers créés l’est en 1966 à Trochères (GAEC Maire-Baumont), illustré par le Bien Public en 1976.

Cette période voit l’apparition de nombreux syndicats intercommunaux (S.I.C.E.C.O, syndicat des eaux de Magny, de l’Albane…). En 1964, sous l’impulsion d’Albert Binet, maire de Belleneuve, le syndicat d’aménagement du canton de Mirebeau dispose de  compétences novatrices, qui se concrétisent notamment en 1972 par l’élaboration d’un POS (Plan d’Occupation des Sols) couvrant les 21 communes du canton et la création de l’école de musique en 1981.

Face à une population en baisse et anticipant sur la périurbanisation, le maire Roger Lenoir et le conseil municipal envisagent dès 1968 la réalisation du lotissement de la Vigne occupé à partir de 1975 par 10 jeunes ménages. A noter que cette jeunesse a permis la création d’une sympathique  équipe de foot (voir le Bien Public de septembre 1979). Le POS a ensuite permis la construction de 21 pavillons.

Le développement de la modernité se traduit par des équipements apportant plus de confort aux ménages : réfrigérateurs, télévision, salle de bain et WC, lave-linge… S’agissant du réfrigérateur, Trochères connaît son « heure de gloire » en 1956 lorsque le village est désigné « village pilote du froid rural ».

En effet, EDF, le Génie Rural et le syndicat des commerçants d’appareils frigorifiques installent gratuitement, à titre de démonstration, un réfrigérateur dans chacun des foyers du village.

Une inauguration solennelle, en présence de nombreuses personnalités, se déroule le 5 mai 1956. De toute la Côte-d’Or, de potentiels clients viennent à Trochères, où la population est avisée et accueillante, visiter cette exposition.

La croissance rapide des progrès technologiques et de la motorisation engendre la disparition des activités artisanales et autres, tel le passage des commerces ambulants. Ainsi la Maison Champion de Mirebeau (alimentation et marchandises diverses) arrête ses tournées avec un car Chausson en 1982.

En 1949, la salle de classe installée dans la maison commune étant jugée insuffisante (superficie de 32 m2) en raison de nouvelles normes, le conseil municipal décide la construction d’une nouvelle école qui ouvre en 1956. Son coût s’élève à 4 400 000 anciens francs.

Marcel Prudent, instituteur à Trochères depuis 1935 part en retraite en 1970, date de la création du SIVOS (Syndicat intercommunal à vocation scolaire) regroupant Belleneuve, Savolles et Trochères), rejoint par Magny-Saint-Médard en 1973. Noëlle Forey est la nouvelle institutrice jusqu’en 1985. Cette école ferme en 1988 et la mairie s’y installe jusqu’en 2008.

De nombreux travaux de voirie sont réalisés à cette époque : poursuite du goudronnage des rues, pose du réseau d’eaux pluviales, de bordures de trottoirs et de l’éclairage public.

S’agissant de l’église, l’horloge est électrifiée en 1973 et un radiateur à gaz installé en 1979. Elle fait l’objet d’une réhabilitation complète de l’intérieur (plafonds, murs, vitraux, électricité, bancs) en 1979 avec le concours de nombreux habitants.

A partir des années 1980, de jeunes ménages occupent progressivement d’anciens bâtiments ou de nouvelles maisons portant la population de Trochères à environ 180 habitants. Une nouvelle vie villageoise commence.

Michel Forey

publicLe public qui a assisté à la conférence le 18 novembre 2016 : souvenirs de jeunesse pour les plus anciens, découverte de l’histoire du village pour les résidents plus récents.

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